Joseph Denooz est né en février 1943 et décédé le 19 novembre 2020 à l’âge de 77 ans.

Licencié en philologie classique (ULiège, 1967), docteur en Philosophie et Lettres (1972), Joseph Denooz a très tôt été amené à consacrer sa carrière à l’informatique et à l’enseignement. Dès ses études, il a intégré le Laboratoire d’analyse statistique des langues anciennes (le Lasla), fondé au début des années 60 en faculté de Philosophie et Lettres par les professeurs Louis Delatte et Étienne Évrard qui souhaitaient exploiter les nouvelles possibilités offertes aux études littéraires par l’outil informatique.  Il y déploie ses compétences en programmation, y pratique la lemmatisation et le traitement par ordinateur des textes grecs, latins et français, et leur applique la statistique littéraire, notamment dans sa thèse de doctorat, consacrée au théâtre de Sénèque. Il a ainsi participé à la réalisation de nombreux index d’oeuvres d’auteurs antiques et a mené des recherches sur la méthodologie et l’exploitation du traitement automatique du latin. Sa thèse, consacrée aux Tragédies de Sénèque, s’inscrit dans le droit fil de ces directions de recherches qu’il étendra par la suite au grec ancien, notamment en participant à la réalisation d’un index de la Poétique et de la Métaphysique d’Aristote.

Dès le début des années 80, il développe des programmes d’enseignement assisté par ordinateur. Se spécialisant dans ce domaine neuf, il ne tarde pas à créer un cours dispensé à tous les étudiants d’agrégation de la Faculté, cours pour lequel lui est attribuée une charge de cours à temps partiel. Il a par ailleurs organisé dans la Faculté l’enseignement de l’informatique appliquée aux études littéraires et linguistiques.

Joseph Denooz a dirigé le Lasla jusqu’à sa retraite. Il fut aussi directeur du Centre Informatique de Philosophie et Lettres, puis président de son conseil de gestion. Sans abandonner la direction du Lasla, il devint en septembre 1990 bibliothécaire en chef de l’Université, poste qu’il occupera jusqu’en 2004. C’est à lui qu’on doit notamment la mise en place du premier catalogue informatisé commun à l’ensemble des bibliothèques et directement consultable par les usagers.