Musée de Préhistoire
Le musée du service de Préhistoire et Centre de Recherche Archéologique

L’Université de Liège fut l’une des premières à s’intéresser à la connaissance de l’homme préhistorique. La très haute ancienneté de l’homme fut démontrée par l’un de ses membres, Philippe-Charles Schmerling, dès le début du XlXème siècle. Poursuivant cette tradition, l’Université continue sa mission en pratiquant de nombreuses recherches dans le domaine de la Préhistoire.

Les collections de Préhistoire se répartissent en trois sections. La première illustre les différentes étapes des activités humaines depuis les origines en présentant toute une série de pièces archéologiques caractéristiques des grandes périodes de la Préhistoire. La seconde section montre, groupé par périodes, un matériel archéologique résultant de fouilles effectuées par les membres du Service de Préhistoire et par des collaborateurs étrangers. La troisième section s’attache à présenter des reconstitutions d’objets préhistoriques au travers de pièces expérimentales. Un ensemble de moulages illustrant les principaux stades de l’évolution physique des Hominidés complète la présentation des collections archéologiques.

Le Musée est situé au sous-sol des Bâtiments de Philosophie et Lettres (Entrée par quai Roosevelt, 1B, Bâtiment A4)
Il est accessible au public, sur demande
Pour les visites guidées, infos : Préhisto Museum de Ramioul – Tél. : 04/275.49.75

 

Mandibule d’enfant
néandertalien (Sclayn, Belgique).

 

Lamelle d’os décorée (Remouchamps, Belgique).
Mésolithique (environ 9.000 ans).

 

« L’homme blessé » (Dinant, Belgique).
Néolithique (environ 5.000 ans).

Le Musée de Préhistoire

Le Musée de Préhistoire aménagé dans les sous-sols du bâtiment central de l’Université, abrite les collections provenant des fouilles réalisées par le service d’Archéologie préhistorique (le plus ancien de Belgique en ce domaine). Conçu comme une vitrine des activités scientifiques de ce service, il vise à donner un aperçu rapide des productions humaines durant la Préhistoire. Parmi les nombreux objets issus de fouilles en Belgique et à l’étranger qui sont présentés, ceux provenant d’Engis sont importants d’un point de vue historique. Philippe Charles Schmerling (1791-1836), qui occupa la chaire de zoologie à partir de 1834, a effectué là ce que l’on peut considérer comme la première fouille paléolithique. II a découvert, associés à des ossements d’espèces animales éteintes, des objets de silex et d’os du Paléolithique moyen et supérieur taillés par l’homme, ainsi que des restes humains (dont un crâne d’enfant néandertalien). Avant Darwin et Boucher de Perthes, il a fourni des preuves de l’ancienneté de l’espèce humaine et lui a donné une dimension paléontologique.

Toujours “historiques sont les outils de silex et les pendeloques provenant de Spy (grotte Betche-aux-Rotches), essentiellement du Paléolithique supérieur pour ce qui est des pièces conservées à l’Université. II s’agissait là en effet de la première fouille importante en Belgique (Marcel de Puydt, fin XIX siècle) dont on peut toujours actuellement utiliser les données stratigraphiques. Le Musée montre encore du matériel provenant d’Omal (sablière Kinart, Paléolithique moyen), découvert lors des fouilles de Mlle Hélène Danthine, professeur de Préhistoire à l’Université, dans les années quarante.

L’orientation des recherches récentes du Service est également illustrée. Dans les années quatre-vingts, les sites de Chaleux, Furfooz et Presle, par exemple, déjà bien connus par des travaux anciens, ont fait l’objet de fouilles de contrôle. Destinées non plus à récolter un maximum de matériel archéologique, elles visaient à compléter nos connaissances et à mieux cerner les conditions environnementales dans lesquelles les occupations préhistoriques avaient pris place. Les résultats de fouilles à l’étranger sont aussi visibles : Hassek Huyuk (Turquie) et Mitoc (Roumanie) ont fourni un matériel lithique abondant dont quelques pièces figurent dans les vitrines.

D’autre part, les étudiants de la section Histoire de l’Art et Archéologie sont mis en contact direct avec les collections lors de travaux pratiques constituant le complément nécessaire aux cours théoriques de Préhistoire. La manipulation des objets permet de mieux approcher la documentation archéologique, notamment en ce qui concerne l’identification des matériaux, la compréhension des techniques de fabrication de l’outillage, et l’évolution de celui-ci au cours des temps préhistoriques. Des vitrines présentent les différentes méthodes de taille du silex à l’aide de reconstitutions expérimentales qui détaillent les phases des différents processus de production de supports lithiques.

Outre le cadre de conservation du matériel étudié et publié, le Musée et ses annexes sont le lieu de séjour des pièces archéologiques une fois la fouille terminée. Les objets y sont préservés, lavés et inventoriés, avant analyses. Ensuite, ils intègrent définitivement les collections ou s’en vont vers une autre institution. De nombreux objets sont prêtés de plus en plus régulièrement pour des expositions temporaires. Toutes les collections sont accessibles aux chercheurs belges et étrangers désireux de les étudier pour comparaison.

Enfin, le Musée est ouvert au public sur rendez-vous. Nombreux sont les groupes scolaires de l’enseignement primaire et secondaire qui le visitent, dans le cadre des cours d’Histoire. D’anciens étudiants retracent l’évolution des périodes paléolithiques et néolithiques à l’aide de diapositives et films vidéo. La présentation d’objets apporte un support à l’exposé visuel ; des panneaux explicatifs sont consacrés à certains aspects des méthodes d’investigation en archéologie préhistorique : étude des pollens et des restes fauniques, reconstitution de l’environnement, exemple d’une fouille paléolithique (Sclayn).

Quelques pièces des collections n’intéressent pas uniquement l’archéologue, mais également l’historien de l’art. En effet, si le territoire belge n’a pas fourni d’art pariétal, il a par contre donné quelques documents mobiliers. Peu nombreux par rapport aux découvertes du Sud-ouest français ou du Nord de l’Espagne, ils n’en sont pas moins importants, Ces documents constituent un reflet des activités et des concepts artistiques et religieux des populations qui occupèrent nos régions à ces époques anciennes.

Des pendeloques de Spy montrent l’importance des objets de parure et de décoration personnelle dès la culture aurignacienne, phase ancienne du Paléolithique supérieur.

Toujours pour le Paléolithique supérieur, mais dans un contexte culturel plus récent (le Magdalénien), le site de Chaleux avait fourni en 1865 deux exemples d’art figuratif sur plaquettes (dont la célèbre dalle de psammite montrant, comme figure la plus connue, un puissant aurochs). Les fouilles effectuées par l’Université en 1987 ont permis la découverte d’une nouvelle plaquette de grès décorée. Hélas fragmentaire, elle porte la gravure partielle d’une tête et d’une patte de bovidé.

Toujours dans des couches magdaléniennes mais au Trou de Somme cette fois (Dinant), les fouilleurs de l’Université ont mis au jour en 1988 une autre plaquette. On peut y voir une gravure partielle de bison.

A la grotte de Remouchamps dans un contexte culturel de la fin du Paléolithique supérieur (l’Arhensbourgien), fut découvert un autre objet important. II s’agit d’une lame osseuse découpée et incisée de traits fins transversaux sur une face, et de traits transversaux et longitudinaux sur l’autre. Ce décor, strictement géométrique, est interprété par certains auteurs comme un décompte numérique, bien que rien ne puisse confirmer cette hypothèse, surtout en ce qui concerne le sens d’un tel décompte (décompte lunaire, ludique).