Tomaison 4 (2013)

Dossier dirigé par le comité de direction de Signata

signata_4Que peut le métalangage?

Dans les sciences humaines, les recherches portées par un langage qui se donnât d’emblée comme technique ne sont pas toujours vues d’un bon œil. C’est notamment ce qui se passe pour la sémiotique. Cette discipline a, au pire, la réputation de volontiers jargonner, ou, au mieux, celle de se renfermer dans un métalangage autoréflexif. Et il est vrai que, d’une part, le traité de sémiotique structurale sans doute le plus connu et le plus souvent cité, dû à Greimas et Courtés, a pris la forme d’un Dictionnaire raisonné, et que d’autre part les écrits de Peirce fourmillent d’inventions et de spéculations terminologiques. Il semble que dans les deux cas, la quête de scientificité ait primé sur l’élégance de la langue et du discours dits naturels. Rien de nouveau sous le soleil ? On raconte que déjà un courtisan du Roi-Soleil avait scandalisé la Cour parce qu’il avait prononcé un terme technique dans la chambre du roi : c’est dire combien la question est ancienne et ne date pas du développement de la discipline des signes.

Le numéro 4 de Signata voudrait questionner les différents aspects de la constitution du métalangage de la sémiotique. Et cela non pas dans une perspective philologique, mais pour poser la question des terminologies dans l’épistémologie scientifique actuelle. On interrogera ainsi la diversité des métalangages possibles (langue naturelle ou langage technique ?), l’impact des cousinages disciplinaires (quelle portée a pour la sémiotique ses emprunts divers aux langages de la grammaire, de la logique, de la mathématique…?), les raisons, explicites ou non, des choix opérés, ou encore les impacts stylistiques de ces derniers.

Un tel questionnement pourrait prendre plusieurs orientations. En voici un inventaire, ouvert et non exclusif.

VOLUME 4 (2013) : Que peut le métalangage?

Table des matières (résumés – version pdf)

Dossier
1. Critique du métalangage
Laurence Bouquiaux, François Dubuisson, Bruno Leclercq, Modèles épistémologiques pour le métalangage
Gian Maria Tore, La réflexivité. Une question unique, des approches et des phénomènes différents
Pierluigi Basso Fossali, Réflexivité critique et modélisation. Enquêtes sémiotiques sur les rôles du métalangage dans l’activité théorique en sciences humaines
2. Relectures de la tradition
Alessandro Zinna, L’épistémologie de Hjelmslev. Entre métalangage et opérations
Sémir Badir, Système à tous les étages
3. Propositions disciplinaires
Jean-Pierre Desclés, Intersémiotique et langues naturelles  
Francesco Galofaro, Formalizing Narrative Structures. Glossematics, Generativity, and Transformational Rules
Jean-Yves Trépos, Topologie des métalangages dans les textes de sociologie
4. Travaux en sémiotique perceptive
Jean-François Bordron et Audrey Moutat, Métalangage et épi-sémiotique. L’exemple du lexique de la dégustation
Anne Dymek, L’iconicité filmique. Un métalangage de la perception ?
Stefania Caliandro, Métavisuel et perception. Une investigation sur la définition d’une fonction sémiotique en art
Odile Le Guern, Métalangage iconique et attitude métadiscursive

Overview
Cosimo Caputo, Le paradoxe du métalangage

Varia
Martin Lefebvre, Image logique, ressemblance et langage. À propos de Peirce et Wittgenstein
Marcel Danesi, Metaform Theory
Groupe µ, Sémiotique de l’outil. Anasémiose et catasémiose instrumentées

474 pages
Prix 30 € HTVA
ISBN : 978-2-87562-042-2
ISSN : 2032-9806