Doctorats défendus

2016 | 2015 | 2013 | 2012 | 2011 | 2010 | 2009

2016

Le passé au XVIIe siècle en France, représentations et pratiques mémorielles, sous la dir. d’A. Delfosse

Résumé : Du Grand Siècle français (1598-1715), nous gardons l’image d’une communication sur le passé contrôlée. Pourtant, l’historien sait que les spectateurs et auditeurs du XVIIe siècle percevaient les efforts de persuasion, voire de manipulation de leurs dirigeants.  En outre, les limites de la communication à l’époque moderne, l’importance des racines locales, les déchirements politiques et religieux laissent deviner la cohabitation de mémoires collectives différentes, voire divergentes. Dès lors, que retenaient réellement de leur passé les gens ordinaires ? Comment se le représentaient‑ils et quelles pratiques  les y liaient ? Cette étude tentera de répondre à ces questions, peu abordées tant qu’à présent, à partir de sources littéraires, iconographiques et cérémonielles. L’hétérogénéité et la complémentarité de ces sources permettront une approche globale de la relation au passé et la mise en évidence des différentes dimensions des mémoires : formes, contenus, diffusion et utilisations.


2015

Étude des portails occidentaux de la cathédrale d’Amiens et leur postérité dans la sculpture du XIIIe siècle en Europe, sous la dir. de B. Van den Bossche

Résumé : Dans le domaine de l’Histoire de l’Art médiéval, un regain d’intérêt pour la sculpture gothique est nettement perceptible. En dépit de l’importance des portails occidentaux d’Amiens, ils n’ont pas encore donné lieu à une véritable monographie qui leur serait exclusivement consacrée. Le projet de thèse se donne pour but de combler de nombreuses lacunes. Le premier objectif est de mener à terme des démarches aussi importantes que la critique d’authenticité et l’analyse technique de l’ensemble – l’un des plus vastes « programmes iconographiques » de l’époque gothique. Le deuxième consistera en une révision en profondeur de questions déjà débattues mais restées sans réponse, notamment dans les domaines de la rationalisation, de la chronologie et de l’iconographie. Dans un troisième temps, il s’agira, par la constitution d’un catalogue raisonné, d’évaluer l’impact amiénois sur la sculpture du XIIIe siècle en Europe.

Confesseurs et prédicateurs à la cour de Bruxelles (1598-1713), sous la dir. d’A. Delfosse

Résumé : Ce travail doctoral a pour objectif d’envisager l’action des confesseurs de cour à Bruxelles depuis  les archiducs jusqu’à la fin de la présence espagnole dans les Pays-Bas catholiques. La démarche consistera en la confrontation de parcours personnels retracés grâce aux autographes épistolaires, apologétiques et institutionnels engageant les confesseurs, mais également à l’aide de relations curiales composées par des contemporains. Il s’agit donc de comprendre les relations existant entre le confesseur et son pénitent, entre le courtisan et le monde du pouvoir, entre le religieux et l’Église et, partant, de définir la praxis d’hommes de préceptes confrontés au pouvoir du Prince.

 


2013

Il carteggio di Francesco Guicciardini, laboratorio della lingua e delle idee politiche, sous la direction de P. Moreno.

Résumé : La thèse consiste en une analyse du vocabulaire de la politique dans la correspondance de Francesco Guicciardini, qui constitue un corpus exceptionnel, tant par son étendue (plus de 5000 lettres envoyées et reçues, de 1499 à 1540) que par sa qualité. Dans cette perspective, sont pris en considération cinq termes clés : Prudenza, Discrezione, Opinione, Congettura et Esperienza. L’étude systématique de l’insertion textuelle, des glissements de sens et des polysémies auxquelles ces mots sont soumis aide à comprendre sans anachronisme le lexique et la nouvelle langue politique déployés dans les textes pris en considération, mais aussi à cerner la nature des liens qui unissent la correspondance au reste de la production de l’auteur.

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2012

La réception du livre XXXV de l’Histoire naturelle de Pline l’Ancien dans l’Italie de la Renaissance (de Pétrarque à Vasari), sous la dir. conjointe de D. Allart et de C. Nativel (Université de Paris I)

Résumé : La thèse se propose d’envisager la réception des sections de l’Histoire naturelle que Pline l’Ancien a consacrées à la peinture antique dans l’Italie de la Renaissance (de Pétrarque jusqu’à la seconde édition des Vies de Vasari). L’approche se fonde sur l’étude de la transmission des écrits de Pline durant cette période, et sur l’analyse des manipulations dont la topique plinienne fait l’objet dans une grande variété de sources, qui vont des commentaires de Pline aux traités d’art, en passant par des recueils de notes et des épistoliers. Son objectif est ainsi de comprendre comment et pourquoi les milieux artistiques se réfèrent à Pline, et cela afin de faire émerger des enjeux théoriques susceptibles d’éclairer la pratique picturale et, partant, le rapport encore difficile à saisir entre l’art de la Renaissance et l’imaginaire de la peinture antique.

Les demeures patriciennes et leur organisation intérieure à Liège au XVIIIe siècle. L’influence du modèle français, sous la dir. de D. Allart


2011

Alexandre Galand

‘D’abord sa manière étoit gottique’. L’œuvre peint de Bernard van Orley jusqu’au début des années 1520, sous la dir. de D. Allart

Résumé : Les années 1510-20 apparaissent comme un moment crucial pour l’introduction de la Renaissance aux Pays-Bas. Or, cette période coïncide avec la première période d’activité de Bernard van Orley, un témoin majeur de cette époque de transition. Jusqu’à présent, la recherche a surtout envisagé l’artiste par le prisme de ses magnifiques tapisseries. De la fin de la première décennie du XVIe siècle à 1521, où il signe le monumental Triptyque de Job et de Lazare (Bruxelles, MRBAB/KMSKB), l’artiste a pourtant élaboré un œuvre peint de plus en plus perméable aux formes en provenance de la péninsule italienne. Ce changement de perspective a-t-il entraîné des différences importantes en termes de pratiques d’atelier ? Comment peuvent être caractérisées les œuvres constituant le noyau dur d’un catalogue aux frontières mouvantes ? En quoi les documents d’archives fournissent-ils un nouvel éclairage sur l’activité de l’artiste ? Ces questions sont au centre d’un travail qui se donne pour ambition de renouveler la vision de la peinture de Bernard van Orley, domaine jusqu’à aujourd’hui négligé.

Des guerres en Italie avant les guerres d’Italie. Le fait militaire français dans la Péninsule à l’époque du Grand Schisme d’Occident, sous la dir. d’A. Marchandisse

Résumé : À l’époque du Grand Schisme d’Occident, les ducs d’Anjou et d’Orléans ainsi que le roi de France furent attirés en Italie. Si Louis Ier avait été adopté par la reine Jeanne Ière de Naples, Louis d’Orléans reçut pour sa part la seigneurie de la cité de Gênes, qu’il revendit ensuite à son frère, le roi Charles VI. Leurs prétentions sur ces terres se heurtant à nombre d’oppositions, ils furent contraints de prendre les armes, personnellement ou par l’intermédiaire de lieutenants généraux. C’est une étude complète de ces interventions militaires et de leurs implications dans la création de l’état moderne que nous entendons réaliser dans le cadre de notre thèse de doctorat. Nous associerons pour ce faire différentes approches, à savoir les histoires militaire, politique, économique, sociale, religieuse ou culturelle. Le croisement des points de vue enrichira notre propos en offrant des réponses complémentaires à des questions qui ne manqueront pas de se multiplier, augmentant par là même le caractère global et pertinent de notre recherche.
Notre étude, que nous voulons novatrice, tant dans son objet, jusqu’à présent négligé, dans sa construction, pluridimensionnelle, que dans sa méthodologie, forgée à l’occasion de sa réalisation, devrait donc ouvrir la voie à d’autres recherches du même type et parfaire la connaissance des relations franco-italiennes à la charnière des XIVe et XVe siècles.

Les recettes artistiques du Manuscrit de Strasbourg et leur tradition dans les réceptaires allemands des XVe et XVIe siècles (édition, traduction et commentaires technologiques), sous la dir. de D. Allart

Résumé : La thèse porte sur un témoin majeur de la littérature des recettes artistiques de la fin du Moyen Âge, le Manuscrit de Strasbourg, rédigé en langue allemande vers 1400, et connu par le biais d’une transcription du XIXe siècle. Le Manuscrit de Strasbourg fournit des prescriptions destinées à la mise en œuvre des pigments et des liants dans la peinture et l’enluminure. Composé à cette période charnière de l’histoire de l’art occidental qui voit l’expansion et le perfectionnement de la technique de la peinture à l’huile, il est l’un des rares réceptaires de l’époque à traiter de la fabrication de médiums à base d’huile. La démarche accomplie dans le cadre de cette thèse combine une analyse philologique et critique du texte et une mise en parallèle avec d’autres témoins issus de la même tradition, en vue d’une nouvelle édition. Enfin, le contenu du Manuscrit de Strasbourg est explicité de manière détaillée sous l’angle technologique, en vue d’une plus juste évaluation de sa portée dans le contexte général de l’histoire des techniques artistiques.


2010

Lilia Florent : l’imaginaire politique et social à la cour de France durant les premières Guerres d’Italie (1494-1525), sous la dir. d’A. Marchandisse

Résumé : Au moment des premières Guerres d’Italie (1494-1525), les auteurs de la cour de France élaborent une idéologie de l’assimilation de l’Italie par la France : la Franco-Italia. En cela, ils s’appuient sur une longue tradition littéraire faisant du royaume une terre idyllique et des Français un peuple d’exception. Historiographes et poètes modèlent ainsi la Péninsule à leur guise, tant et si bien, que celle-ci apparaît comme une nouvelle France peuplée d’Italiens francisés. Cette pensée révèle pourtant bien plus qu’une simple tentative d’absorption de l’Italie par la France. Elle met en lumière toute l’ampleur du bouleversement des structures sociales traditionnelles du royaume en ce début du XVIe siècle, autrement dit, les trois ordres du féodalisme (oratores, bellatores et laboratores). À ce moment, l’on assiste à un phénomène tout à fait neuf : une critique de ce modèle au sein des cercles fermés du pouvoir. La Franco-Italia doit donc être considérée comme un champ d’expérimentation permettant aux auteurs de redéfinir les contours d’une trifonctionnalité moribonde. On l’aura compris, ce travail est placé à la fois sous le signe de l’acculturation – celle de l’Italie et des Italiens – et de la réflexion identitaire tirée d’une expérience de l’altérité – en francisant l’Italie, les Français redéfinissent leurs structures politiques et sociales –, et, dès lors, permet de saisir dans toute sa complexité la nature même de la pensée politique au début de la Renaissance, pensée pleine de contradictions et de doutes, fruit d’une période faite de bouleversements et d’inquiétudes.

Goûter le monde. Pour une histoire culturelle du goût à l’époque moderne, sous la dir. de Fr. Bierlaire et de C. Havelange

Résumé : Située au croisement de l’histoire des cultures sensibles, des Food Studies et de l’anthropologie historique, cette thèse propose une histoire des représentations du sens du goût, qui ne se limite pas à l’étude des pratiques alimentaires, comme c’est le plus souvent le cas. Centrée sur l’aire culturelle française des XVIIe et XVIIIe siècles, elle exploite un corpus documentaire large composé de sources de natures variées, principalement philosophiques, médicales, religieuses et culinaires. Ce travail propose de mettre en lumière l’histoire d’un sens, plus que celle de la cuisine, révélant dans son sillage l’évolution d’un rapport au monde des hommes d’Ancien Régime. Explorant la genèse et la construction d’une culture gustative moderne, elle dresse d’abord le constat d’une dévalorisation séculaire du goût. Situé traditionnellement au bas de la hiérarchie des sens, le goût est longtemps perçu comme un sens inférieur, matériel, corporel et animal. Mais entre l’époque classique et celle des Lumières, des indices de représentations nouvelles apparaissent, témoins d’un déplacement des significations culturelles du goût devenu, au XVIIIe siècle, la métaphore du jugement esthétique du Beau.


2009

Portraits de dévots, pratiques religieuses et expérience spirituelle dans la peinture des anciens Pays-Bas (1400-1550), sous la dir. de D. Allart

Résumé : L’étude se concentre sur le portrait dévotionnel (mieux connu sous le nom, erroné car abusif, de « portrait de donateur ») dans la peinture des anciens Pays-Bas entre 1400 et 1550. Elle vise à préciser ses significations dans le contexte spirituel de l’époque. La première partie dresse un panorama complet des modalités de représentation des dévots dans la composition religieuse. La seconde partie – fondée sur une confrontation entre les oeuvres et la littérature dévotionnelle et mystique de l’époque (Jan van Ruusbroec, Geert Grote, Gérard Zerbolt van Zutphen) – montre comment ces tableaux peuvent être utilisés comme supports, et surtout comme « mises en image » du processus contemplatif des personnes représentées. Parallèlement à ces démarches analytiques et interprétatives, la thèse comporte un catalogue des œuvres étudiées, comportant 663 entrées.