Livres

J. Devaux et A. Marchandisse (éd.)
Le Prince en son « miroir ». Littérature et politique sous les premiers Valois. Actes de la rencontre internationale de Dunkerque
, 22 octobre 2009.
Le Moyen Âge, t. 116, fasc. 3-4, 2010, p. 531-705.

De l’Antiquité au Siècle des Lumières, le genre des « miroirs du prince » s’affirme résolument comme l’une des manifestations privilégiées du rapport entre pouvoir et écriture. Puissamment ancrés dans la tradition, ces traités n’en connaissent pas moins un profond renouvellement durant les derniers siècles du Moyen Âge : à la vision théologique du pouvoir héritée de saint Augustin se substitue peu à peu une conception proprement politique de la royauté. Les règnes de Charles V et de Charles VI marquent un tournant décisif dans l’élaboration de ces « arts de gouverner ». Traduits ou rédigés directement en français, ils abordent désormais dans leurs dimensions les plus concrètes l’exercice pratique de la fonction royale et les qualités requises du bon gouvernant. Or, cette évolution idéologique va de pair avec une réelle mutation formelle, où le genre, gagnant en littérarité, combine volontiers vision allégorique et pédagogie princière. Parallèlement, bon nombre de poètes contemporains s’engagent résolument dans le champ du politique et prennent une part active à cette réflexion en profondeur sur la nature du pouvoir. C’est ainsi que fleurissent, à la frontière des genres, des œuvres luxuriantes et composites, où l’invention littéraire le dispute au didactisme et où le miroir se pare fort à propos des couleurs chatoyantes de la rhétorique.

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