Scabinatus

Consultation de la base de données

Présentation de la base de données Scabinatus 4000

Créée en 2004 sur l’initiative du Service de l’Archéologie de Liège du Ministère de la Région wallonne (actuel Service public de Wallonie), la base de données Scabinatus 4000 est cogérée avec le Département des Sciences historiques de l’Université de Liège, puis avec Transitions – Moyen-Âge & première Modernité (équipe Histoire du Moyen Âge tardif et de la Renaissance) et les Archives générales du Royaume, jusqu’en 2007 pour cette dernière institution. Pendant les six premières années, ce programme de recherches a bénéficié du financement du Fonds de la Recherche fondamentale collective (F.R.S.–FNRS) et, depuis 2010, par le Service public de Wallonie, via le Département du patrimoine et la Direction de l’Archéologie.

Scabinatus 4000 est fondée sur le dépouillement des registres aux œuvres des Échevins de la Souveraine Justice de Liège, juridiction suprême qui, au civil, agissait notamment comme cour foncière de première instance pour la Cité de Liège et, en appel, pour le reste de la Principauté. Cette riche collection de documents originaux — 1 750 registres, couvrant la période 1409–1797, contenant chacun environ 400 folios, soit ~750 actes — reprend les contrats impliquant des opérations translatives de droits réels entre vifs (ventes, locations, donations, échanges, successions, hypothèques,…) et forme, à ce titre, l’ancêtre de l’actuel Enregistrement.

Genèse du programme de recherches

Le programme de recherches est né d’une constatation malheureusement indéniable : l’histoire urbaine médiévale et moderne de Liège est, de nos jours, très peu étudiée, en particulier le tissu ancien de la cité, tant dans sa topographie que dans son organisation spatiale, sociale ou économique. Une incapacité à pouvoir utiliser valablement l’une des sources fondamentales pour ces domaines, les Œuvres du tribunal scabinal liégeois, l’obligation de passer par un dépouillement, page après page, des multiples registres qu’elles représentent, l’absence de clé d’accès et de navigation, de table toponymique ou onomastique permettant de s’orienter valablement dans cette masse de documents manuscrits en sont sans doute quelques-unes des raisons.

L’histoire urbaine liégeoise redevint un domaine de recherches à privilégier lorsque les recherches archéologiques furent inscrites, en 1999, dans la gestion des certificats de patrimoine. L’archéologie des élévations, appelée usuellement « archéologie du bâti », souvent couplée à celle du sous-sol, étant admise comme condition préalable à tout restauration, aménagement ou transformation, reconnut de facto l’utilité et la nécessité de réaliser des études historiques en archives afin de documenter non seulement l’évolution intrinsèque des bâtiments étudiés, mais aussi de saisir le contexte général dans lequel ceux-ci ont été édifiés. Si cette nouvelle démarche, suscitée par l’archéologie, allait immanquablement induire un regain d’intérêt pour la recherche sur le tissu urbain ancien de Liège, les moyens pour y parvenir restaient indéterminés. C’est sur la base de ce constat, et avec la volonté de faire aboutir des études unissant histoire et archéologie urbaine, que le projet de créer un outil informatique autorisant enfin un accès analytique aux Œuvres des échevins fut décidé et élaboré.

Création, résultats et perspectives

Conçu initialement dans le but d’étudier l’ancien parcellaire de la ville de Liège, le fichier informatique offre aujourd’hui à la recherche la possibilité d’investiguer dans de multiples directions jusque-là négligées par l’historiographie liégeoise médiévale et moderne. Le Service de l’Archéologie de Liège (SPW), initiateur de l’entreprise, profite déjà des apports de la base de données dans le cadre des études historiques menées parallèlement aux analyses archéologiques de bâtiments situés dans le centre ancien de Liège. Ces études de cas couplées, historiques et archéologiques, mises en commun avec les champs d’investigations d’autres disciplines (Dendrochronologie, Histoire de l’Architecture, Histoire de l’Art, Urbanisme,…) deviennent un outil d’interprétation et de référence s’ouvrant à de plus larges perspectives. Et la multiplication des lectures plurielles engendrées par l’interdisciplinarité créera progressivement un référentiel favorable à une meilleure connaissance du paysage urbain et de la structure socio-économique de la cité de Liège aux confins du Moyen Âge et des Temps modernes.

Mais, les potentialités offertes par la base de données ne se limitent pas à l’étude du parcellaire ancien de Liège. Ce sont désormais de nombreux domaines de recherches spécifiques à l’Histoire urbaine qui s’ouvrent enfin à la Cité ardente. Les sujets touchant à l’histoire démographique (répartition de la population à travers le territoire urbain), sociale (répartition des classes sociales sur ce territoire…), institutionnelle (fonctionnement du tribunal échevinal…), juridique (droit immobilier…), etc. se verront éclairés par l’utilisation de cet outil informatique. Et, si l’on quitte le cadre urbain liégeois au sens strict, c’est tout un territoire, celui de l’ancienne Principauté de Liège, qui se voit reconsidéré sur les plans prosopographique, toponymique, onomastique, lexicologique (étude des termes juridiques)…, dans une perspective pluri- et interdisciplinaire privilégiée à bon droit par la recherche actuelle. C’est dans cette dynamique que s’insèrent le soutien et la collaboration du Professeur Dr Alain Marchandisse (F.R.S./FNRS – ULg) dans la mise en œuvre et la bonne exécution de ce programme de recherches qui, de conception inédite en Belgique, permet d’inscrire la Wallonie dans l’impulsion développée, ces dernières années, chez nos voisins européens (France, Pays-Bas, Royaume-Uni…), dans le domaine de l’Histoire urbaine.

Utilisation de la base de données

Tous les actes originaux font l’objet d’une lecture complète. Les champs du masque de saisie incluent donc le plus possible d’informations, l’encodage ne se veut pas un simple calque informatique, l’obligation pour le chercheur de retourner aux sources restant prioritaire. Le support informatique retenu est File-Maker Pro, logiciel réputé pour sa grande capacité de stockage des données et sa souplesse d’utilisation. Une fiche d’encodage reprend les données de référence à propos de l’acte analysé (numéro du registre, foliation, état de lisibilité, date et natures juridiques), puis les principaux éléments relatifs aux parties en présence (nom, prénom, cognomen, domiciliation, statut social et/ou profession) et enfin l’identification des bien-fonds concernés par la transaction. Toute mention de biens immeubles est encodée, y compris celles concernant les rentes grevant un immeuble, alors considérées en droit liégeois comme biens immobiliers. Sont pris en compte les éléments d’ordre topographique (entités géographiques, lieux-dits, paroisses, quartiers et rues) et la situation précise du bien en rapport avec ses mitoyennetés (joindants) lorsque celles-ci sont remarquables dans le paysage (monuments, rivières, chemins…) ou présentant un caractère plus immuable (terres appartenant aux institutions ecclésiastiques ou à la noblesse). Enfin, sont retenus les détails les plus spécifiques (enseignes, état, anciens propriétaires…). Afin d’éviter les erreurs d’encodage et pour faciliter la recherche, ont été adoptées l’uniformisation et la modernisation orthographiques des toponymes encore en usage de nos jours et des prénoms (ex. Flemal/Flemal(l)e=Flémalle ; C(K)at(h)arin(n)e = Catherine) ainsi que la création de listes déroulantes au fur et à mesure de l’encodage pour tous les champs, hormis pour celui des noms de famille dont la graphie rencontrée est scrupuleusement respectée.

Personnes de contact

SPW – DGO4 – Direction extérieure de Liège 1 – Service de l’Archéologie : Geneviève Coura, Historienne.
ULg – Transitions. Unité de recherches sur le Moyen Âge & la première Modernité – équipe Histoire du Moyen Âge tardif et de la Renaissance : Prof. Dr. Alain Marchandisse, Maître de recherches F.R.S./FNRS – Sylvie Boulvain, Historienne.

Avertissement : La présente base de données est une mise à jour de celle se trouvant sur le site des Archives générales du Royaume pour les registres 1 à 67 et unique pour les registres 68 à 153. L’intention des auteurs de cette base de données étant de rendre celle-ci vivante, il est proposé aux chercheurs de communiquer toute proposition de modification (erreur de lecture, renseignement omis,…) à l’adresse suivante : genevieve.coura@spw.wallonie.be. Une mise à jour de la base de données sera proposée aux chercheurs tous les 6 mois.

Consultez la base de données en ligne