Livres
Ludovic Nys et Benoît van den Bossche (dir.)
Sculpture gothique aux confins septentrionaux du royaume de France. Les portails du XIIIe siècle de Thérouanne et de Saint-Omer
Lille, Université de Lille – Sciences humaines et sociales (« Revue du Nord. Hors série. Collection Art et Archéologie, n°25 »), 2017, 218 pages.

En 1239 était rapportée processionnellement à Paris par saint Louis et son jeune frère Robert, mis en possession depuis peu du comté d’Artois, la sainte relique de la couronne d’épines complète. Cet événement majeur fut sans doute à l’origine du chantier du portail sud de la cathédrale de Thérouanne, démantelé en 1553 mais dont plusieurs éléments sculptés de grande qualité sont aujourd’hui conservés à Saint-Omer, à Londres et aux États-Unis. Le célèbre Grand Dieu de Saint-Omer qui se trouvait sur le sommet de son couronnement, quoi qu’il en soit, est bel et bien le premier exemple attesté d’un Christ du Jugement portant ladite couronne. Ce chantier suscita lui-même une autre entreprise comparable vers 1250-1270 en l’espèce du portail sud de la collégiale Notre-Dame à Saint-Omer. Les deux ensembles offrent un témoignage d’autant plus remarquable de la grande sculpture monumentale du XIIIe siècle qu’ils se situent à la pointe la plus septentrionale de l’aire de rayonnement de l’art gothique français à l’époque des Capétiens.

Les vestiges des portails de la cathédrale de Thérouanne et le portail méridional de la collégiale audomaroise méritent donc d’être pris en compte dans l’évaluation de la sculpture monumentale du XIIIe siècle en France et dans les Pays-Bas méridionaux. Cet ouvrage, qui examine les ensembles en question sous toutes les coutures, achève d’en convaincre. Historiens, historiens de l’art, archéologues et géologues livrent ici les résultats de recherches récentes ; il en résulte la première monographie jamais consacrée à la sculpture gothique monumentale du Haut-Artois au « temps des cathédrales ».

Sommaire