Histoire des sites industriels et de leur environnement

Personne de contact : Olivier Defêchereux et Arnaud Péters

  • Recherche fondamentale : histoire industrielle, histoire comparée des pollutions industrielles dans les bassins européens, déforestation, histoire de la prise en compte des pollutions, histoire des conflits environnementaux, etc.
  • Recherche appliquée : recherches préalables à l’assainissement des sites potentiellement pollués, enrichissement de l’inventaire des terrains pollués et potentiellement pollués en données historiques validées – base de données de l’état des sols
  • Enseignement et vulgarisation : expositions et communications sur la réhabilitation des sites et les pollutions industrielles, formations à l’usage des bureaux d’études spécialisés en dépollution
Description

Depuis sa création par le Professeur Robert Halleux, en 1982, le CHST consacre ses recherches à l’histoire des techniques et à l’histoire industrielle de l’Europe du Nord-Ouest, en général, de la Belgique et de la Wallonie en particulier. Une série de publications et une importante documentation sont issues de ces recherches.

Dans le domaine de la réhabilitation et de l’environnement, l’expertise du CHST repose sur trois axes :

1. Un opérateur – le plus en amont – de la réhabilitation des sites industriels désaffectés

Depuis le début des années 1990, des recherches appliquées portent sur l’étude des sites industriels de Wallonie. Elles s’inscrivent dans le contexte de la nécessaire réhabilitation des friches industrielles générées par les vagues successives de désindustrialisations – à partir du milieu des années 1950 – en Wallonie. Elles sont d’ailleurs soutenues par les pouvoirs publics wallons dans le cadre des politiques d’aménagement du territoire et d’assainissement des sols. En la matière, les travaux du CHST enrichissent la connaissance de l’histoire des sites et sols potentiellement pollués. Pour chaque terrain étudié, il s’agit d’identifier les diverses activités, de lister et de décrire les diverses infrastructures et surtout de définir et localiser les sources potentielles de pollution et zones à risque. Cette étude historique permet ainsi au bureau d’étude de mettre au point son plan d’échantillonnage du sol et de l’eau souterraine et de déterminer les paramètres analytiques à analyser. Dans bon nombre de cas, la question de la valeur patrimoniale des sites a également été prise en compte.
Au total, plus de 500 sites ont été étudiés par le CHST depuis 1992, totalisant une surface de plus de 2300 hectares. Dans le cadre des subventions 2005-2009 et 2009-2013, le CHST a, à ce jour, étudié plus de 240 sites dont le réaménagement était subsidié par le SPW (listes plan Marshall 1, plan Marshall 2, plan Marshall 2.vert, listes FEDER, …). Ces études reposent sur l’application d’une méthode scientifique progressivement définie. Elle insiste sur la dimension multidisciplinaire illustrée par des démarches et concepts appartenant à l’histoire, à la géographie, à l’archéologie et aux sciences de l’environnement. Du point de vue opérationnel, des méthodes spécifiques de recherches et d’analyses documentaires permettent la constitution, le traitement et l’interprétation de riches dossiers documentaires. En outre, le recours aux systèmes d’information géographique (SIG) est devenu systématique. Enfin, au moment de l’importante enquête de terrain, le CHST mobilise des méthodes propres à l’archéologie industrielle. Cette méthodologie de l’étude historique a récemment été normalisée et publiée avec l’aide du CHST dans un Guide de Référence du Service Public de Wallonie. Elle offre des balises aux bureaux d’études opérant les études d’orientation préalables à toute réhabilitation/assainissement de terrains.
Les études ne s’intéressent pas uniquement aux pollutions mais aussi à l’aspect patrimonial, social, architectural des bâtiments industriels anciens dans la perspective de leur valorisation et réhabilitation.
Ces études de cas font du CHST un opérateur-clé œuvrant en amont de la réhabilitation des sites industriels.

2. Constitution d’inventaires au service de la connaissance des sols potentiellement pollués

Depuis 2010, l’équipe du CHST entreprend de nouvelles recherches qui conduiront à terme à un cadastre historique des sols industriels de Wallonie. Premièrement, elle constitue, à partir de sources d’information inédites, des bases de données géographiques où les sites industriels anciens identifiés dans les archives sont localisés de manière systématique. Ainsi, à ce jour, près de 10000 permis et autorisations anciens ont été analysés ainsi que diverses cartes topographiques anciennes. Ces bases de données sont appelées à enrichir un outil à destination des administrations publiques et des opérateurs (publics et privés) : l’inventaire wallon des terrains potentiellement pollués.
En parallèle, le CHST travaille également sur l’inventaire wallon des sites à réaménager dont l’actualisation est actuellement en cours, en déterminant pour chacun des sites un risque potentiel de pollution du sol au vu des activités anciennes/historiques.

3. Participation à des réseaux de recherches

L’ensemble de ces recherches appliquées confère au CHST une expertise dans les disciplines de l’histoire des techniques et l’histoire environnementale et dans les domaines de la réhabilitation des sites industriels et de l’environnement. Dans le cadre de recherches fondamentales ponctuelles, les membres de l’équipe participent à des séminaires et colloques scientifiques internationaux dans lesquels ils présentent les résultats de recherches concernant :

  1. l’évolution des techniques et process industriels
  2. les risques environnementaux liés aux activités industrielles
  3. la méthodologie de l’étude historique d’un terrain potentiellement pollué
  4. la constitution d’inventaires de sites industriels, etc.

Les communications et publications établies à partir des recherches appliquées visent trois objectifs :

  1. développer des projets de recherches fondamentales ;
  2. valider les données rassemblées par le CHST ;
  3. communiquer ses résultats aux chercheurs en histoire, géographie et environnement.