Le codex (suite)…

Si certains codices ont des dimensions considérables, qui annoncent les grands manuscrits du moyen âge, d’autres présentent des formats extrêmement réduits. Ces formats de livres correspondent bien à ceux que décrit Martial (I, 2, 1-4) :

« Toi qui veux avoir partout avec toi mes petits volumes et souhaites leur compagnie pour un long voyage, achète ceux-ci, que le parchemin condense en de courtes pages. Réserve ta bibliothèque aux gros livres : moi, je peux tenir dans une seule main. »

Les copistes de l’antiquité ont réalisé des livres nains, véritables miniatures, comme ceux que, plus tard, les imprimeurs obtiendront avec leur in-128 aux pages de 2.5 x 3.5 cm.

Ainsi ce codex, le plus petit livre antique actuellement connu, au format de 3.5 x 4.5 cm. dont les 192 pages contiennent la biographie (en grec) de Mani, fondateur au IIIe siècle de notre ère d’un mouvement religieux en Perse. C’est un petit livre qu’on pouvait facilement cacher : le manichéisme a été condamné par les empereurs Dioclétien (en 297) et Valentinien (en 372).

HOMÈRE, Iliade, XXIV 698-747, IVe siècle,
codex en parchemin
(P. Berol. inv. 5007 = MP3 1018)

ISOCRATE, Panégyrique, 95-96, IIIe siècle,
codex en parchemin (P. Ant. 2.84 = MP3 1266)

Le codex miniature contenant la biographie de
Mani, fin du IV/début du Ve siècle, et
provenant d'une tombe à Oxyrhynchus
(P. Colon. inv. 4780 = Van Haelst 1072)

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