Pottery and Glassware from the Roman Villa of Artena (Lazio) in their Regional Context.

During the 1st century BC, a vast villa was erected on the plateau of Piano della Civita in Artena. This villa was occupied until the end of the 1st century AD, undergoing some structural modifications. The villa was then demolished to allow other buildings on and near to it.

The study of the pottery and glass vessels, present in abundance in the ground, will allow us a deeper understanding of this Roman villa, the structures wich followed, as well as both buildings’ chronology. This study will be broadened by including comparisons (with both published finds and ware from other sites that I will study during my PhD) and a detailed definition of the fabrics (using XRD and thin section analysis). Moreover, the study will give us a better understanding of the material and therefore the economy present in this region of Italy, located in the hinterland but still close to the via Latina, in a profitable position between Lazio and Campania. This work wants to insist about the use of a methodology wich allows data crossing.

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Panem, circenses… et thermas ? Histoire sociale et politique des bains à Rome (Ier s. av. J.-C. – IVe s. ap. J.-C.)
Sous la direction d’E. WIRBELAUER(Université de Strasbourg) et de Th. MORARD (ULiège)

Les thermes étaient dans l’Antiquité des lieux d’échanges quotidiens où battait le cœur de la ville romaine. De nombreuses théories ont voulu faire de ces espaces tantôt des « palais pour le peuple » où se délassait un prolétariat sans emploi dans un luxe digne des classes sociales les plus élevées, tantôt des lieux de nivellement social où les plus pauvres côtoyaient les plus riches. Notre étude aspire à dépasser ces présupposés et à traiter en profondeur la dimension sociale et politique des thermes en nous intéressant plus particulièrement à la situation de la ville de Rome. Capitale de l’empire et résidence de son souverain, l’Vrbs était une véritable mégapole antique dont la population, la plebs urbana, possédait une importance politique majeure dans la société impériale. Il s’agira de comprendre le rôle des thermes parmi les différents rouages ayant contribué au bon fonctionnement de cette mécanique antique.

Après une analyse terminologique et chronologique visant à clarifier la notion de « thermes » ainsi que l’apparition de ces derniers dans le paysage monumental de la cité, notre intérêt se portera sur les interactions sociales au sein de ces établissements. Si la place de chacun n’est pas codifiée de manière aussi stricte que dans l’amphithéâtre par exemple, on peut néanmoins s’interroger sur le degré de mixité sociale qui y régnait réellement quand on connait l’attachement des classes supérieures romaines à leurs privilèges.

Notre enquête se propose par ailleurs d’aborder les thermes comme des outils de communication pour le pouvoir impérial. La monumentalité et le luxe de ces bâtiments laissent ainsi à penser qu’ils étaient des signes de la générosité de l’empereur, de même que la durabilité du phénomène de leur construction et de leur entretien (fin Ier s. av. J.-C. – début IVe s. ap. J.-C.) pourrait être un symbole concret de la pérennité du pouvoir. Réciproquement se pose aussi la question du rôle de la plebs urbana qui pouvait réclamer de tels édifices à l’empereur en échange de son soutien politique. Les thermes seraient-ils une inconnue jusque-là oubliée de l’équation du « système d’acceptation » impérial dont les termes les plus célèbres sont le pain et le cirque ?

Panem, circenses… et thermas ? Social and political history of Rome’s baths (1st c. BC – 4th c. AD)

The thermae were, in Antiquity, places of daily interactions where the heart of the Roman cities did beat. In the past centuries, numerous scholars have understood these spaces either as “palaces for the people” in which the jobless proletariat relaxed in a luxury worthy of the highest social classes, or as places of social levelling where the poorest mingled with the richest. The present research aspires to overcome such assumptions and to deal thoroughly with the social and political dimension of the thermae by emphasising the situation of the city of Rome. The case of Rome is indeed unique, as it was the capital of the empire and the residence of its sovereign. Moreover, its population, the plebs urbana, held a politically key role in the imperial society. The purpose of this study is to understand which part the thermae played in the proper functioning of such an antique megacity.

Following a terminological and chronological analysis in order to clarify the concept of “thermae”, as well as their emergence in the monumental landscape of the city, our interest shall concentrate on the social interactions within these amenities. While each individual’s place was not as strictly codified as in the amphitheatre for example, one may nonetheless ask which degree of social mingling prevailed here. Especially when one considers how much Roman upper classes cared for their privileges.

Furthermore, this investigation will deal with the thermae as tools of communication used by the imperial power. The monumentality and luxury of such facilities could indicate that they were signs of the emperor’s generosity, whereas the long-lasting phenomenon of their building and maintenance (end 1st c. BC – beginning 4th c. AD) may be a material symbol of the continuity of the established authority. Conversely, the question of the role played by the plebs urbana demanding of its emperor such structures in return for its political support has to be raised. Were the thermae a forgotten variable in the equation of the imperial “acceptance-system” whose best-known elements are bread and circuses?

Peindre avec des mots. L’ekphrasis dans l’œuvre de Lucien de Samosate.
Sous la direction de Th. MORARD

L’ekphrasis est un terme grec désignant le procédé rhétorique d’une description, généralement d’une œuvre d’art. Lucien de Samosate, auteur grec du IIe s. de notre ère, utilise ce procédé à plusieurs reprises dans son œuvre. Il s’agit d’étudier en particulier les ekphraseis de tableaux de grands peintres antiques. Bien évidemment, les tableaux de ces grands peintres – Zeuxis, Apelle, Aétion – ne sont pas parvenus jusqu’à nous ; ces descriptions sont donc des informations capitales pour nous permettre de connaître les caractéristiques de ce type d’œuvres souvent méconnues. Les spécialistes de l’art grec antique ont d’ailleurs abondamment utilisé ces textes pour recréer l’histoire de la grande peinture. Mais comment interpréter et utiliser les descriptions d’un auteur connu pour être le premier auteur de science-fiction ? Quel crédit doit-on avoir pour ces textes ? Et si Lucien s’était joué de ses lecteurs en inventant plus qu’en ne décrivant ? Les motifs que Lucien décrit s’inscrivent-ils dans une tradition iconographique bien attestée ou sont-ils composés d’éléments improbables, voire inventés ? Voilà le sujet de ce travail : étudier les descriptions que Lucien fait de tableaux qu’il dit avoir vus, tant d’un point de vue philologique qu’iconographique, et les remettre en contexte par rapport à la production artistique contemporaine conservée.

Painting with words. Ekphrasis in the work of Lucian of Samosata.
Under the direction of Prof. Th. MORARD

« Ekphrasis » is the Greek word used to designate the rhetorical device of the depiction, mostly those of art pieces. The 2nd c. AD Greek author, Lucian of Samosata, used this device repeatedly in his work. The subject of this thesis is precisely the study of some of his ekphraseis, in particular the ekphraseis of paintings. Obviously, all the ancient Greek paintings are lost today. The depcitions of Lucian are, therefore, very important to have a more precise idea of this kind of art pieces, often unknown. The experts of the ancient Greek art have widely used the texts of Lucian to recreate the history of ancent Greek Painting. However, how might we  interpret and use the testimonies of an author known as the first sci-fi author ? What credence should we give to those texts ? What if Lucian teased his public and his readers with more fiction than real depiction ?

Does the iconographic motif described by Lucian belong to a well documented artistic tradition or are they composed by improbable – invented – items ? This is the subject of this work : the study of the depictions made by Lucian, in a philological and an iconographic way, and the contextualisation of the paintings in relation to the preserved artistic production.

Les personnifications dans l’art paléochrétien en Occident (III-VIe siècle). Forme, fonction et signification.
Sous la direction de Th. MORARD (Université de Liège) et S. SCHRENK (Universität Bonn)

Se retrouvant sur les monuments les plus variés, de la sphère publique jusque dans les décors privés, qu’ils soient païens, juifs ou chrétiens, les personnifications sont un dénominateur commun pertinent pour s’interroger sur les rapports qu’entretient l’art paléochrétien avec les autres manifestations artistiques contemporaines. Phénomènes conceptuels et visuels liés à l’histoire des religions dans les sociétés antiques, elles offrent par ailleurs l’opportunité d’observer et de saisir, selon un point de vue original, comment la culture chrétienne s’est réappropriée le patrimoine gréco-romain et dans quelle mesure elle l’a rendu conforme à la nouvelle foi.

Ce projet ambitionne, à travers une étude iconographique, de déterminer les formes et les fonctions que les personnifications ont assumées au sein des images du premier art chrétien.  Cette enquête permettra de s’interroger sur le rôle qu’elles ont joué dans la création de cet art nouveau, sur leurs rapports aux antécédents et sur leur(s) évolution(s) – en termes de continuité et d’innovation – durant toute la période de l’Antiquité tardive jusqu’à leur intégration dans l’art post-romain. Elles seront ensuite comparées avec d’autres représentations de même type – mais étrangères à l’art chrétien – afin de souligner les spécificités des unes et des autres, ainsi que leurs hypothétiques points communs. De plus, grâce au recours systématique aux sources écrites et archéologiques, mes recherches entendent éclairer les significations que les personnifications revêtent dans chacune de leur utilisation ainsi que la manière dont elles étaient perçues par la société et les mentalités qui les ont créées et observées.
Enfin, les problématiques liées à la terminologie (personnification, allégorie, etc.) ne seront pas négligées afin d’appliquer un vocabulaire et une catégorisation au plus proche des réalités antiques.

En envisageant les personnifications présentes dans l’art paléochrétien dans une perspective globale, cette recherche doctorale offre un point de vue original sur cette problématique et veut appréhender les origines de la survivance d’un des éléments les plus récurrents de l’histoire de l’art occidental.

Personifications in Early Chrstian Art (III-VI century AD). Shape, Function and Meaning.

The object of this PhD is to characterize the figurative personifications in occidental early Christian art formally and functionally and to determine their significations in each of their use. By confronting these representations with similar ones originating from different cultural contexts, it also aims to evaluate the relationship between early Christian art and other contemporary artistic productions. More often than not linked with History of Religions, personifications offer an original point of view to observe the appropriation – on a conceptual level – of a part of the Greco-Roman heritage by the Christian culture.

To that end, I will use a methodology based on two main complementary axes. Firstly, personifications will be set back into their figurative context by an iconographic study. Although this analysis might be classic, it has never been undertaken to understand these entities in early Christian art, and it would fit squarely in A. Grabar’s line of work. It will be reinforced and supported by the new tools and reflexions provided by the Visual Studies. Secondly, personifications will be replaced in the late antiquity cultural and social context by a contextual study that will highlight their different significations. This analysis will be based on a systematic back and forth between the representations and the contemporaneous texts of them.

De la matière picturale au décor. Les enduits peints de la Domus aux Bucranes à Ostie comme témoin des particularités techniques des Ier et IIe styles en Italie centrale tardo-républicaine
Sous la direction de D. STRIVAY et Th. MORARD.

Les différentes phases picturales qui jalonnent la période tardo-républicaine (IIe et Ier s. av. J.-C.) ont principalement été étudiées selon une approche iconographique. Peu d’études globales mettent en effet en évidence les particularités techniques des enduits peints de Ier et IIe styles découverts en Italie centrale.

L’objectif de ce projet de recherche est d’une part de comprendre dans quelles mesures les changements observés d’un point de vue stylistique dans de nombreuses études se marquent également dans les matériaux et les techniques mis en œuvre par les artisans de la peinture tardo-républicaine. Il s’agira d’autre part de déterminer, à l’échelle de l’Italie centrale, la cohérence des techniques rencontrées sur des décors contemporains.

Cette recherche se fondera sur la caractérisation technique des différents ensembles peints (Ier style et deux phases de IIe style) retrouvés sur le site de la Domus aux Bucranes (Ier s. av. J.-C.) à Ostie. Les données, recueillies par le biais d’examens autoptiques et d’analyses physico-chimiques, seront comparées avec celles d’autres décors contemporains d’Italie centrale. L’approche méthodologique se déclinera selon cinq axes interdépendants. Il s’agira de déterminer la nature des matériaux (1), préciser les techniques de mise en œuvre (2), puis, à partir de ces données, comprendre l’économie de chantier (3). Ces résultats seront en outre comparés aux sources antiques (4) et serviront de support à l’étude de la conservation de ces enduits peints (5).

From pictural matter to decoration. The wall paintings of the Domus dei Bucrani in Ostia as a witness of the technical particularities of the 1st and 2dn styles in late republican central Italy
Under the direction of D. STRIVAY et Th. MORARD.

The different pictorial phases of the late republican period (2nd and 1st centuries BC) are generally studied from an iconographic point of view. Global analyses which highlight the technical particularities of the wall paintings of 1st and 2nd styles found in central Italy are indeed few and far in between.

The research aims to understand the extent to which the stylistic changes are also noticeable on the materials and the techniques used by craftsmen of the late republican period. Its second purpose is to define the technical consistency of contemporary wall paintings in the region of central Italy.

In order to meet these goals, the research focusses on the technical characterisation of the paintings of the Domus dei Bucrani (1st century BC) in Ostia. The technical data, collected by physicochemical and autoptic analyses, will be compared with other contemporary decorations. The methodology will follow five interrelated approaches: determine the nature of the materials used in wall painting production (1), specify the execution techniques (2) and then use the data to understand the organisation and economy of the workshops (3). These results will finally be compared to the Ancient sources (4) and will contribute to studying the conservation state of these wall paintings (5).

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Thèse de doctorat Divisis angiportis et plateis constitutis. La rue comme témoin du développement urbain et social à Ostie, réalisée en cotutelle internationale entre l’Université de Liège et la Sapienza, Università di Roma, sous la direction de Thomas Morard et Domenico Palombi, au bénéfice d’un mandat d’aspirant du F.R.S.-FNRS entre 2016 et 2020.

Soutenue à Liège le 18 juin 2021. Membres du jury : Thomas Morard (ULiège), Domenico Palombi (Sapienza), Xavier Deru (ULiège), Alessandra Ten (Sapienza), Alessandro D’Alessio (PAOst), Aldo Borlenghi (Lyon 2).

Divisis angiportis et plateis constitutis. La rue comme témoin du développement urbain et social à Ostie.
Sous la direction de Th. MORARD (ULg) et de D. PALOMBI (Università di Roma La Sapienza).

La colonie d’Ostie, à l’embouchure du Tibre, présente un cadre d’exception pour étudier les développements et les usages de la rue au sein d’une ville antique : elle y joue en effet un rôle de premier ordre dans la formation de l’espace urbain, aussi bien que dans la constitution matérielle, sociale et symbolique de la cité. Mes recherches prétendent définir, à travers l’étude des éléments constitutifs de la rue, l’évolution des paysages urbains d’Ostie depuis la fondation du castrum au IVe s. av. J.-C. jusqu’à l’abandon de la cité à la fin de l’Antiquité. Au travers de ces évolutions, mon projet de thèse ambitionne également de mettre en exergue la pluralité des changements sociaux vécus au sein de cette ville portuaire.

Afin d’apporter un jour nouveau sur cette composante essentielle de la trame urbaine – la rue – trois pistes de recherches seront privilégiées : a) les principales transformations apportées aux voies de communication sont liées à des entreprises de rehaussements qui devront être identifiés et étudiés par une relecture systématique de la documentation produite lors de fouilles anciennes et récentes ; b) avec le soutien indispensable d’un Système d’Information Géographique, une réflexion devra être portée sur l’ensemble des équipements qui constitue ces rues – essentiellement intra-muros dans le cas qui nous intéresse – et contribue à la définition du paysage urbain de cette colonie ; c) des comparaisons avec d’autres villes antiques devront nécessairement être opérées, afin d’identifier les spécificités des rues d’Ostie parmi les colonies maritimes d’origine médio-républicaines et d’autres cités portuaires italiennes.

Aussi surprenant qu’il puisse paraître, à ce jour, aucune étude exhaustive n’a été produite sur le réseau viaire d’Ostie, contrairement à Pompéi, où plusieurs méthodologies ont été développées dans ce but. Mon projet de thèse cherchera à combler cette lacune, en mettant en œuvre ces méthodes, qu’il faudra adapter au contexte ostien.

Divisis angiportis et plateis constitutis. Developments and Uses of the Streets in Ostia.

The colony of Ostia, at the mouth of the Tiber, provides an exceptional framework for the study of the developments and the uses of the street inside an ancient city. The street plays a major role in the evolution of the urban area, as well as in the material, social and symbolic formation of the city. My research offers to define the evolution of the Ostian townscapes through the study of various components of the street, from the founding of the castrum in the 4th century BC until the abandonment of the city in the late Antiquity. Through this evolution, my thesis project also intends to highlight the variety of social changes which occurred in this port city.

In order to shed a new light on the street, this essential component of the urban structure, my study will focus on three topics: a) the major changes of the communication routes are related to the street enhancement which can be spotted and studied by a systematic re-examination of documentation of both earliest and most recent excavations; b) with the help of a Geographic Information System, I will consider the whole equipments (je ne comprends pas très bien le sens de ce mot dans la version française, essaie peut-être de trouver un terme moins spécifique mais qui garde toute de même le sens de ce que tu veux dire) constituting these streets – mainly intra-muros regarding my subject – and contributing to a definition of this colony’s townscape; c) comparisons with other ancient cities must of course be made in order to figure out the specificities of the Ostian streets compared to those of other maritime colonies with medio-republican origin and then to those of other Italian port cities.

As surprising as it might sound, no exhaustive study has ever been done on Ostia’s street network, whereas in Pompeii, numerous methodologies have been specifically developed. My thesis project offers to fill this gap by using these methods, adapted to Ostia.

Thèse de doctorat Entre traditions et innovations. La tête végétalisée dans les décors romains : origine, diffusion et signification d’un thème ornemental, réalisée en cotutelle internationale entre l’Université de Liège et l’Université de Paris-Sorbonne, sous la direction de Thomas Morard et Gilles Sauron, au bénéfice d’un mandat d’aspirant du F.R.S.-FNRS entre 2011 et 2015.

Soutenue à Liège le 31 août 2016, réussie avec mention Très honorable avec félicitations du jury. Membres du jury : Thomas Morard (ULiège), Gilles Sauron (Paris IV), Vinciane Pirenne-Delforge (ULiège), François Baratte (Paris IV), Patrizio Pensabene (La Sapienza) & Michel Fuchs (UniL).

Entre traditions et innovations. La tête végétalisée dans les décors romains : origine, diffusion et signification d’un thème ornemental.

La tête végétalisée est un témoin privilégié de la culture visuelle des Romains. Innovation de l’époque tardo-républicaine et proto-impériale, elle n’en demeure pas moins l’héritière du traitement formel de figures telles que la Rankenfrau et le Rankengott et d’un symbolisme végétal séculaire. Elle évoque une nature naissante ou renaissante qui ne possède pas encore les frontières du cosmos ordonné, et fonctionne comme une épithète iconographique permettant de mettre en évidence un aspect particulier d’un personnage, tel le dieu Oceanus. L’étude des spécificités culturelles et des traditions iconographiques des différentes régions de l’Empire romain, couplée à la mise en série et à l’analyse contextualisée des documents, permet de mettre en évidence les formes de diffusion, de réception et d’appropriation de ce thème ornemental, de sa naissance à son assimilation par le monde chrétien. A côté de tendances relativement homogènes communes à l’Empire, se dessinent quelques courants particuliers, comme l’enrichissement nord-africain de la forme océanique, le renouveau oriental de la bordure à rinceau peuplé héritée de la tradition picturalisante hellénistique, ou « l’humanisation du végétal » gallo-germanique. Entre traditions et innovations, la tête végétalisée du monde romain développe des spécificités iconographiques pérennes qui lui confèrent une signification inhérente à toute forme d’hybridité végétale, tout en permettant à différentes visions du monde de s’exprimer en elle sans se dissoudre.

Between traditions and innovations. The foliate head in roman decors : origin, diffusion and meaning of an ornamental theme.

The foliate head is a privileged witness of the Roman visual culture. This innovation of the tardo-republican and proto-imperial period is the heiress of the formal processing of figures such as the Rankenfrau and the Rankengott and of a secular vegetal symbolism. It evokes a rising or returning nature which doesn’t possess the borders of the orderly cosmos, and works as an iconographic attribute which highlights a particular aspect of a character, such as the god Oceanus. The study of the cultural specificities and the iconographic traditions of the various regions of the Roman Empire, combined with the serial approach and the in-context analysis of the documents, allows to highlight the various forms of diffusion, reception and appropriation of this decorative theme, from its birth to its assimilation by the Christian world. Next to relatively homogeneous trends common to the Empire, some particular tendencies take shape, such as the North African enrichment of the oceanic shape, the oriental revival of the border with peopled scroll inherited from the Hellenistic naturalistic tradition, or the Gallo-Germanic « humanisation of the plant ». Between traditions and innovations, the foliated head of the Roman world develops long-lasting iconographic specificities which confer it a meaning inherent to any shape of foliate hybridity, although it allows various views of the world to be expressed in it without being dissolved.

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Thèse de doctorat Les pierres à aiguiser dans le Nord de la Gaule romaine. Caractérisation, économie et fonction, réalisée à l’Université de Liège, sous la direction de Xavier Deru, au bénéfice d’une bourse de doctorat ULiège entre 2012 et 2016.

Soutenue à Liège le 7 mai 2018 et délivrée sans mention (conformément au décret Bologne du 31 mars 2004). Membres du jury : Xavier Deru (ULiège), Thomas Morard (ULiège), Catherine Coquelet (UCL), Eric Goemaere (Service géologique de Belgique, IRSNB) & Gilles Fronteau (UReims).

Les pierres à aiguiser dans le Nord de la Gaule romaine. Caractérisation, économie et fonction.

Outils de l’outil, les pierres à aiguiser sont destinées à l’affutage d’ustensiles en métal : couteaux, faux, armes… Utilisées dans le cadre d’un métier ou tout simplement objets de la vie quotidienne, elles sont fréquemment retrouvées dans les fouilles, parfois en très grand nombre. Toutefois, l’intérêt scientifique porté à ces pierres est minime. Souvent citées, parfois décrites, elles font face à un étonnant vide dans la documentation. Cette thèse vise donc la caractérisation d’un mobilier inédit. Elle traitera aussi bien de la matière première que de la fabrication, l’utilisation, la commercialisation et la typologie de ces outils. Une réflexion sur l’outil, sa place dans les chaînes opératoires des activités agricoles, artisanales et domestiques en révèlera un témoignage pour la connaissance de la société romaine du nord de la Gaule. L’originalité de ce travail tient dans la combinaison d’analyses archéométriques et de démarches archéologiques

Whetstones in Northern Gaul. Characterisation, economy and function.

Tools of the tool, whetstones are meant for the sharpening of metal utensils: knives, scythes, weapons… Used in the context of a profession or more simply objects of the daily life, they are often rediscovered in excavations, sometimes in great number. However, scientific interest for these whetstones is minimal. Often quoted, sometimes described, they encounter an astonishing void in literature. This thesis will aim to study and characterise an unpublished material. It will as well deal with the raw material, manufacturing, use, trade and typology of these tools. Thinking about the tool, its place in the operative chains of agricultural, craft and domestic activities will reveal a testimony to the knowledge of Roman society in northern Gaul. The originality of this work lies in the combination of archaeometric analyses and archaeological processes.

Thèse de doctorat, La céramique tardo-républicaine en Italie centro-tyrrhénienne : établissement et confrontation des faciès du Latium septentrional et d’Etrurie méridionale entre le IIe s. et le Ier s. av. n.è, réalisée en co-tutelle internationale entre l’Université de Liège et l’Université de Lyon, sous la direction de Xavier Deru et Armand Desbat.

Soutenue à Lyon le 14 janvier 2019. Membres du jury : Cécile Batigne-Vallet (CNRS), Xavier Deru (ULiège), Armand Desbat (CNRS), Vincent Jolivet (CNRS), Thomas Morard (ULiège), Gloria Olcese (Università degli studi di Milano).

La céramique tardo-républicaine en Italie centrale.
Sous la direction de de X. DERU (ULg) et d’A. DESBAT (Université de Lyon, CNRS, UMR5138).

Les études menées jusqu’à présent sur les céramiques tardo-républicaines se sont cantonnées à des passages à visée purement chronologique au sein de publications de sites ou à des monographies, aujourd’hui en partie datées, qui ont cloisonné le matériel à l’intérieur de dynamiques catégorielles et diachroniques.

À travers les études des contextes inédits de la domus aux Bucranes à Ostie et les citernes 635 et 643 du marché de Musarna – croisés aux rares données publiées – cette recherche doctorale cherche à mettre en avant – en utilisant les principes peu employés de quantification – la logique des assemblages céramiques qui n’a jamais été entreprise pour cette période pourtant charnière de l’Histoire romaine. Ces informations permettront alors de raisonner sur les relations entre les aires géographiques que sont  le nord du Latium et l’étrurie méridionale mais aussi les évolutions chronologiques des faciès entre le début du IIème siècle et le milieu du Ier siècle avant notre ère et leurs incidences quant aux pratiques alimentaires. Il s’agira également, par l’apport des données stratigraphiques récentes, de voir dans quelle mesure il est possible affiner les typo-chronologies existantes.

The tardo-republican ceramic in central Italy.

Studies led until now on Late Republican pottery are strictly considered as datation tool in excavations publications or limited in one-categroy monographs, partially dated today, which  isolate them in their own specific and diachronic dynamics.

Through the studies of the unpublished contexts of the Domus aux Bucranes at Ostia and the cisterna 635 and 643 of the market at Musarna – crossed to the rare published data – This doctoral research tries to put forward – by using the unused principles of quantification – the logic of the ceramic assemblies which was never drew for this important period of the Roman History. This information will allow to reason about the relations between the North of the Lazio and the Southern Etruria but also about the chronological evolutions of facies between the beginning of the 2nd century and the middle of 1st century BC and their incidences on food practices. By the contribution of the recent stratigraphical data, it will be necessary to see how it will be possible to refine the existing typo-chronologies.

Thèse de doctorat Ἵλεως τῷ φοροῦντι. Sérapis sur les gemmes et les bijoux antiques, réalisée à l’Université de Liège ; mandat d’aspirant du F.R.S.-FNRS entre 2004 et 2008.

Soutenue à Liège le 14 mai 2008 et délivrée sans mention (conformément au décret Bologne du 31 mars 2004). Membres du jury : Robert Laffineur (directeur ; ULg) ; Michel Malaise (président ; ULg) ; Vinciane Pirenne-Delforge (secrétaire ; ULg) ; Laurent Bricault (Toulouse), Pierre Koemoth (ULg), Jean-Louis Podvin (Boulogne-sur-Mer).

Ἵλεως τῷ φοροῦντι. Sérapis sur les gemmes et les bijoux antiques.

Publication : R. Veymiers, Ἵλεως τῷ φοροῦντι. Sérapis sur les gemmes et les bijoux antiques, Mémoire de la Classe des Lettres. Collection in-4°, 3e série. Tome I, n° 2061, Bruxelles : Académie royale de Belgique, 2009, 608 p.

Lien hypertexte

Après la conquête de l’Égypte par Alexandre le Grand, la déesse Isis se voit attacher, probablement à l’initiative de Ptolémée Sôter, un nouvel époux du nom de Sérapis, qui n’est autre que l’Osiris-Apis memphite transféré à Alexandrie pour y recevoir une image nouvelle, purement grecque. Cette entreprise marque le point de départ d’un phénomène que nous appelons aujourd’hui la diffusion des cultes isiaques. Sept siècles durant, Sérapis et les siens essaiment dans le monde gréco-romain et attirent une audience de plus en plus large et diversifiée avant de succomber au triomphe du christianisme.

Cette diffusion s’opère en fonction de vecteurs variés et notamment par le biais de supports matériels. Au même titre que les monnaies dans le domaine public, les objets de dimensions modestes que sont les gemmes et les bijoux favorisent le développement des cultes isiaques dans les sphères privées en véhiculant une iconographie multiple. C’est ainsi que Pline l’Ancien observe que, de son temps, « même les hommes commencent à porter à leurs doigts l’effigie d’Harpocrate et les images des divinités égyptiennes ». Cette vogue dont témoigne le grand érudit romain n’a toutefois guère éveillé l’intérêt des chercheurs pour cette documentation.

Cet ouvrage vise à montrer combien ces objets, malgré leur petite taille, sont précieux pour nous aider à comprendre ce que sont les cultes isiaques et à mesurer l’étendue de leur succès. Il s’organise autour d’un catalogue réunissant plus de 1250 documents, souvent méconnus ou inédits, portant l’image ou le nom de Sérapis. Les gemmes et les bijoux montrent une richesse iconographique, jusqu’ici insoupçonnée, qui a permis d’élaborer une fine typologie. Traditionnellement considéré comme un maître des ombres trônant avec le Cerbère infernal, Sérapis y apparaît, plus que sur tout autre support, comme un être insaisissable, aux apparences multiples, en buste, trônant, debout ou allongé, qu’il soit seul, accompagné ou assimilé à d’autres divinités.

Si les artisans, graveurs et bijoutiers, se sont inspirés de schémas iconographiques circulant dans le domaine public, en particulier sur les monnaies, ils ont aussi innové pour exprimer des sentiments personnels ou répondre aux attentes de leur clientèle. Percer le sens de ces images est une entreprise parfois aussi difficile que de déterminer les raisons du port de ces objets. Si certains ont pu simplement servir de parure, de sceau ou de souvenir, d’autres ont été destinés à afficher une adhésion religieuse, à solliciter une protection ou à satisfaire une pratique magique. Redécouvrir ces gemmes et ces bijoux ne peut manquer de nous toucher parce qu’ils ont été portés durant l’Antiquité par des individus ordinaires qui, d’une manière ou d’une autre, ont attendu de Sérapis qu’il soit ἵλεως τῷ φοροῦντι, « propice au porteur ».

Hommage le 25 mars 2011 à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (Paris) : R. Turcan, CRAI, 2011/1, p. 680-682.

Recensions : V. Gasparini, BMCR 2011.06.46 ; St. Briaud, LEC, 78, 2010, p. 410-411 ; G. Dembski, Tyche, 26, 2011, p. 396-397 ; L. Puccio, Kernos, 25, 2012, p. 368-369 ; A. Chaniotis, Kernos (EBGR), 25, 2012, p. 230, n° 171 ; J. Balty, AC, 81, 2012, p. 549-551 ; G. Tallet, RA, 2012/2, p. 426-429 ; P. P. Koemoth, Latomus, 72, 2013, p. 305-308 ; G. Sotomayor, BiOr, 70, 2013, p. 412-414 ; J. Lang, Gnomon, 85, 2013, p. 256-262 ; G. Renberg, BABesch, 88, 2013, p. 282-283.

Les médecines religieuse et rationnelle en Carie, durant l’Antiquité classique : l’apport de l’archéologie, Liège 2005.
Sous la direction de R. LAFFINEUR.

Recherches sur l’iconographie et le culte de Dionysos en Asie Mineure, Liège 1999.
Sous la direction de R. LAFFINEUR.

Burial Evidence and its Religious Connotations in Prepalatial and Old Palace Minoan Crete, Liège 1996.
Sous la direction de R. LAFFINEUR.

L’orfèvrerie rhodienne orientalisante, Liège 1978.
Sous la direction de L. LACROIX.

La céramique daunienne. Essai de typologie, Liège 1975.
Sous la direction de L. LACROIX.

L’humour et la caricature dans les terres cuites hellénistiques, Liège 1953.

L’art du portrait en Grèce, Liège 1943.

Études sur la céramique romaine provinciale, Liège 1933.

L’esprit décoratif dans la céramique grecque à figures rouges, Liège 1908.